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Angervilliers Citoyens et le 8 mars 2021: 1843, le tour de France de Flora Tristan

Publié par Olivier Thérond sur 20 Septembre 2020, 17:59pm

Catégories : #Journée des droits de la femme

 

Flora Tristan y Moscoso, née à Paris le 7 avril 1803 et morte à Bordeaux le 14 novembre 1844, est une femme de lettres, militante socialiste et féministe française, qui fut l'une des figures majeures du débat social dans les années 1840 et participa aux premiers pas de l'internationalisme.
D'origine franco-péruvienne, Flora Tristan prétendait descendre de Montézuma. Elle était la fille d'un noble péruvien, Mariano de Tristàn y Moscoso, et d'une petite bourgeoise parisienne émigrée en Espagne pendant la Révolution, Thérèse Laisné. Ses parents furent mariés en Espagne par un prêtre réfractaire, mais son père, de retour en France, ne prit jamais le temps de régulariser son mariage. Il mourut peu après leur retour à Paris ; et ce coup du sort fut le premier d'une existence dramatique : « Mon enfance heureuse s'acheva, à quatre ans, à la mort de mon Père. » (Pérégrinations d'une paria) Une légende a longtemps couru selon laquelle Flora Tristan serait le fruit d'une aventure qu'aurait eue sa mère avec Simon Bolivar. C'est Flora elle-même qui en est à l'origine. Elle n'hésita pas à fabriquer et publier de fausses lettres du libérateur de l'Amérique latine pour l'accréditer. Il semble que Bolivar, qui n'eut par ailleurs jamais d'enfant, quitta Bilbao, lieu de son aventure supposée avec Thérèse, plus de 9 mois avant la naissance de Flora, ce qui rend impossible qu'il soit son père. Malgré tout, le doute subsiste, étant donné les similitudes physiques et morales entre Bolivar et Tristan, et en raison du fait que l'acte de naissance de cette dernière n'a jamais été retrouvé, la date exacte de sa naissance restant donc incertaine.
Flora et sa mère vont alors se débattre avec d'insurmontables difficultés financières qui vont précipiter, à 17 ans, le mariage de Flora avec un graveur en taille-douce, André Chazal. Riche, Chazal était surtout jaloux, médiocre et très violent. Tristan s'évade d'une vie quotidienne où la femme est considérée comme une mineure incapable par la lecture de Rousseau, Lamartine et surtout de Madame de Staël. Elle hait de plus en plus Chazal, son mari. L'échec est total, femme battue, humiliée, séquestrée, Flora réussira à le fuir, bien qu'enceinte de son troisième enfant. Malgré les menaces et les voies de fait de plus en plus graves, elle ne reprendra plus jamais la vie commune. En 1838, Chazal, qui la poursuit toujours, d'un coup de pistolet lui perfore le poumon gauche. Nous sommes à une époque où triomphe depuis la Restauration une forte réaction en matière de mours et le divorce est interdit depuis 1815 sauf pour des manquements graves et les juges n'accordent à Flora que « la séparation de corps » (alors qu'ils étaient déjà séparés depuis près de dix ans), mais lui refuse le divorce « faute d'éléments probants ». Aussi, pour le restant de sa vie, Flora se battra pour le divorce des femmes.
Elle voyage au Pérou, espérant se faire reconnaître par sa famille paternelle, mais à Arequipa son oncle Pío de Tristán y Moscoso, noble péruvien, va lui denier l'héritage de son père vue sa condition de « bâtarde ». La « paria » décide alors de rentrer en France après un court séjour à Lima, la capitale du pays. C'est un nouvel et douloureux échec.
Sans perdre le moral, Flora affûte ses talents d'enquêtrice sociale avec la publication des Promenades dans Londres (1840) - où elle y fait l'éloge de Mary Wollstonecraft - et s'investit de la mission d'organiser les classes laborieuses.
Ouvrière dans les filatures, les imprimeries mais aussi femme de lettres, militante socialiste et féministe, elle fut l'une des figures majeures du débat social dans les années 1840, et participa aux premiers pas de l'internationalisme.
Pour répandre ses idées, Tristan s'est embarquée, en 1843, dans « un tour de France », le circuit traditionnel des apprentis-compagnons. Son journal, publié posthumement, trace ses rencontres avec les femmes et les hommes ouvriers à travers la France. Tristan n'a jamais achevé son voyage. Elle est morte prématurément de la fièvre typhoïde en 1844 à Bordeaux. Quelques années après sa mort, une souscription fut lancée par des ouvriers dans le but de faire ériger un monument en sa mémoire et en mémoire de "l'union ouvrière" ; monument qui se trouve au cimetière de la Chartreuse à Bordeaux.
« Aristocrate déchue, Femme socialiste et Ouvrière féministe » comme elle aimait à se désigner, son ouvrage majeur sera publié après sa mort par Eliphas Lévi sous le titre L'Émancipation de la Femme ou Le Testament de la Paria

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